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PREMIER .

Ed débouche dans le hall de l'établissement. Personne ne l'y attend, mais un post-it lui étant adressé est scotché sur le mur. L'arrachant, il peut y lire :
« EDWARD ELRIC .Chambre B330, lit du dessous a gauche. Horaire et effets scolaires dans la deuxième commode. Les cours débuteront demain à 8h. »
Et c'était signé J. Havoc.

Le petit blond se dirige maintenant vers l'aile B. les couloirs sont silencieux ; les élèves de l'établissement sont en cours. Il n'entend que ses pas résonner, puis à mesure qu'il avance, un autre bruit se fait entendre, venant d'un couloir adjacent : Celui dune deuxième paire de souliers. Probablement une femme, d'après le claquement que produisent les semelles sur le sol .Sauf que lorsque Edward aperçoit justement le propriétaire desdits souliers, il ne peux même pas déterminer si c'est soit un homme efféminé, soit un garçon manqué.

Il ou elle a de larges épaules masculines, et pas de poitrine. Malgré son visage androgyne et ses longs cheveux bruns foncés retenus par un bandeau, on voit bien que c'est un garçon. Mais son étrange accoutrement avait fait douter Ed un instant sur le genre du nouvel arrivant. Car celui-ci est affublé d'une JUPE sombre, d'espèces de godasses noires, ainsi que d'un t-shirt sans manche, qui coupe au niveau de l'abdomen. Edward trouve son habillement complètement ridicule, mais devant l'air agressif qu'affiche le grand brun, il s'abstient de commentaires moqueurs. À l'instant où il croise Ed, le grand brun se plante devant lui, un immense sourire pas du tout amical sur les lèvres. Plutôt sadique même. Brrr.

« Hé, le nabot, tu fous quoi ici »
Edward ne réagit pas à l'insulte, mais serre les poings sur les poignées de ses valises. Il ne répond rien et reprend sa route. Quand le brun voit passer la crevette devant lui, il lui envoie son poing dans le ventre. Ed en a le souffle coupé, et il se plie en deux sous la douleur, surpris de ce geste gratuit.

« Je t'ai posé une question, alors répond y, minimoy »
« Dégage et fou moi la paix, fillette .Je suis pas ici pour me battre» répond Ed, faisant des effort surhumains pour se contenir. Sa voix, répercutée sur les murs, ressemble plus à un couinement.

Pas d'emmerdes. Pas d'emmerdes. Pas d'emmerdes, se répète t-il inlassablement pour se raisonner, et se retenir de jeter son poing à la figure de l'idiot à la jupette: Ed n'a jamais été quelqu'un d'agressif et il faut avouer qu'à l'instant il est plutot intimidé, mais on doit lui reconnaitre une grande impulsivité et une tendance à s'emporter facilement, ce qui rend la tâche ardue. L'autre serre à son tour les poing, énervé par les propos provocateur du blond. Il a une lueur meurtrière dans le regard. Mais aussitôt qu'il plonge ses yeux améthyste dans ceux dorés de Ed, son attitude change. Il relève fièrement la tête, affiche un air hautain et s'en va comme il est venu, bousculant Ed au passage. Le blond ne fait ni ne dit rien, mais aussitôt que le grand brun tourne le coin, il porte la main a son épaule et grimace de douleur, en grommelant
« C'est quoi ,ce type ,merde..
On se connaît même pas, et pourtant il se comporte comme si on était ennemis jurés .Esperons que cette école n'est pas remplie uniquement de débiles du même style ».

La sonnerie annonçant la fin des cours retentit,et les éleves affluent, tirant Ed de ses pensés désagréables. « On dirait que je vais devoir aller porter mais bagages plus tard; ce serait du suicide d'essayer d'avancer à contre courant dans cette foule d'ados » Il suit le mouvement des autres, qui se dirigent tous vers la cafeteria.

Comprenant cela, une vague d'angoisse gagne Edward. Selon lui, le plus pénible lors de chaque déménagement qu'il a subi tout au long de sa scolarité (il est maintenant en terminale) est le premier repas. L'horrible moment où vous etes planté entre les tables, un plateau entre les pattes, et que vous cherchez à travers la pièce bondée un endroit où vous asseoir, que vous attendez qu'un visage conciliant vous invite, du regard, à partager sa table, et que cette invitation ne vient pas. Puis vous vous résignez à vous installer, seul en tête à tête avec votre pâté chinois, alors que tout le monde vous fixe, ou du moins vous en avez l'impression, comme si vous débarquiez d'un autre univers. Arggh, peniiiiiiible.

Edward retient un frisson d'appréhension en songeant à ce qui l'attend encore une fois, et aussi au fait qu'il aura l'air d'autant plus ridicule avec ses deux valises à trimballer. Ed en aurait gémit, mais il a sa fierté de mec quand même ! ..Résigné à son sort, il se dirige d'un pas rapide vers l'entrée de la cafeteria, pressé d'en finir avec cette épreuve désagréable.
Mais avant qui ait franchi le seuil, une main se pause sur son épaule. Plein d'espoir, Ed se retourne vers ce qu'il espère être un nouvel ami.


© Dred

# Posté le mardi 25 novembre 2008 16:47

Modifié le lundi 28 septembre 2009 16:46

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